( AFP / TOBIAS SCHWARZ )
L'équipementier automobile Forvia , qui a annoncé mardi une perte nette de 2,1 milliards d'euros en 2025, va se recentrer en cédant son pôle d'aménagements intérieurs (18% du chiffre d'affaires), avec une moins-value de près de 600 millions.
Sur des ventes en baisse de 3% à 26,2 milliards d'euros, Forvia a légèrement accru sa marge opérationnelle, à 5,6% contre 5,2%, mais reste plombé par une dette de six milliards d'euros fin 2025. La cession de l'une de ses activités historiques devrait alléger sa dette de plus d'un milliard.
La perte de 2025 est due à la fois à son activité courante, encore dans le rouge de 249 millions, et à une dépréciation exceptionnelle de 1,8 milliard, liée notamment à la vente prévue du pole Intérieurs (panneaux de portes, consoles centrales, tableaux de bord...).
Cette cession, "en phase finale", va entraîner "un changement de taille majeur" pour Forvia, a souligné son directeur financier Olivier Durand devant les analystes. En se séparant de cette activité moins rentable, le groupe devrait accroître sa profitabilité : sans cette division, la marge 2025 aurait été de 6%, selon le groupe.
Ce projet de recentrage a été accueilli positivement par les marchés, l'action Forvia gagne près de 6% mardi vers 10H30, soit un gain de 22% sur les douze derniers mois. La veille, elle avait perdu près de 8% en raison des perspectives décevantes de la filiale allemande Hella.
Le groupe (ex-Faurecia) était déjà en perte en 2020, 2021 et 2022. Il n'a enregistré depuis six ans qu'une seule année avec un résultat positif, en 2023, suivi d'une perte de 185 millions en 2024.
Sans donner de date, l'équipementier précise être en "négociations avancées avec plusieurs parties" pour céder le pôle d'aménagements intérieurs, qui représente un chiffre d'affaires de 4,8 milliards d'euros, 60 sites et 31.000 salariés.
Le groupe a inscrit parmi ses charges en 2025 une moins-value de cession de 578 millions d’euros.
Par ailleurs, sur les 10.000 suppressions d'emplois en Europe d'ici 2028, annoncées en 2024, Forvia en a déjà réalisé 6.400, d'où des coûts de restructuration de 410 millions d'euros en 2025.
Les comptes 2025 comprennent aussi 209 millions d’euros de dépréciation de sa participation dans Symbio, coentreprise de Michelin, Stellantis et Forvia, qui va réduire la voilure après la récente décision de Stellantis de mettre fin à ses activités dans l'hydrogène, et donc de ne plus être client.
Fin décembre, Symbio a annoncé qu'elle allait supprimer 70% de ses effectifs, soit 350 postes, sur son usine flambant neuve de la banlieue de Lyon.
Forvia a aussi inscrit 920 millions d'euro de dépréciations portant sur ses activités éclairage, pour cause de "prévisions de ventes à court terme revues à la baisse" et sur la division électronique, là encore en raison de "la rationalisation en cours du portefeuille d'activités et de perspectives de croissance plus modestes".
Pour 2026, Forvia prévoit "une amélioration de la rentabilité" et une poursuite de son désendettement, "dans un contexte de ventes plus faibles". Une fois le pôle Intérieurs vendu, la dette devrait être ramenée à 4,5 milliards d'euros fin 2026, selon la direction.
Confrontée au ralentissement du marché automobile européen et à une concurrence féroce de la Chine et des pays à bas coûts, les équipementiers européens ne cessent d'alerter sur les menaces qui pèsent sur leur avenir et de réclamer à l'UE d'accorder une préférence communautaire pour les voitures contenant 70% à 80% de contenu fabriqué en Europe.
Bruxelles a encore repoussé sa décision sur ce sujet jusqu'à début mars, en raison notamment des dissensions entre Français et Allemands.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer